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Les conseils du gynécologue

Les désagréments intimes

Dr Nguyen

Sécheresse
Elle se manifeste par une sensation d’inconfort, des irritations, et des brûlures. Elle s’associe à une diminution ou une absence de lubrification vaginale et provoque des douleurs pendant les rapports sexuels.
Il ne faut surtout pas hésiter à en parler à son médecin ou son gynécologue car il existe des solutions.

Différentes situations peuvent en être à l’origine :

  • La sécheresse fait partie des conséquences directes de la ménopause par arrêt de la sécrétion ovarienne d’hormone féminine (œstrogènes), la vulve et le vagin se modifient, la peau et les muqueuses deviennent plus fines et fragiles. Fréquemment, la femme se plaint aussi de brûlures urinaires ressemblant à une cystite. Le traitement spécifique est hormonal local ou général, le médecin peut aussi proposer des applications d’acide hyaluronique aux vertus cicatrisantes et trophiques sous forme de crème, un lubrifiant pour les rapports sexuels.
  • Une contraception hormonale (pilule au sens large) mal adaptée peut provoquer une sécheresse avec inconfort et douleurs pendant les rapports sexuels par insuffisance en œstrogènes. Un traitement local, un changement du produit contraceptif soulagent rapidement.
  • La sécheresse est fréquente au cours des infections telles que les mycoses et les vaginoses. Cette sécheresse peut parfois perdurer après leur traitement, les antibiotiques pouvant détruire la flore vulvo-vaginale naturelle protectrice et entraîner une modification du pH.
  • Toutes les maladies de la peau, comme l’eczéma, le psoriasis, une réaction allergique peuvent se localiser à la zone intime et provoquer démangeaisons et sécheresse. Il existe aussi un traitement spécifique qui, associé à des crèmes cicatrisantes à base de vitamine E, d’acide hyaluronique, permet de maintenir les poussées aigües de ces maladies chroniques.
  • La sécheresse des muqueuses peut être un effet secondaire des médicaments, par exemple les traitements contre l’hypertension et le cholestérol, les diurétiques, les antidépresseurs… Là aussi, lubrifiant pour les rapports sexuels, crème hormonale locale permettent d’améliorer le confort des femmes.

En fait, toutes agressions (produit de toilette non adapté, produit de lessive, déodorant, toilettes trop fréquentes,…) va  plus ou moins entraîner une sécheresse vulvo-vaginale. En  prévention, l’utilisation d’un produit de toilette adapté, une ou deux fois par jour, s’avère intéressant et vient en complément du traitement spécifique de chaque cause.


Irritations

Les irritations externes de la zone intime sont fréquentes, se manifestant par des picotements, des brûlures, des démangeaisons.

Elles sont souvent associées à une sécheresse vulvo-vaginale et partagent les mêmes causes :

  • contact avec un produit irritant, déodorant, lessive, produit d’hygiène intime agressif, crème inadaptée
  • port de vêtements trop serrés, de protège-slips quotidiennement
  • infections, mycose et vaginose en particulier
  • maladies de la peau, eczéma, psoriasis
  • troubles hormonaux, ménopause, pilule trop faiblement dosée
  • effets secondaires de médicaments

La solution repose sur le traitement de la cause et sur une hygiène intime avec un produit de toilette adapté. Devant des irritations seules, sans pertes vaginales inhabituelles, sans saignements, il faut commencer par supprimer tous les facteurs favorisants (le jean serré, le protège-slip, les produits pouvant être agressifs) et faire une toilette intime 1 à 2 fois par jour avec un produit dédié. Si cela ne suffit pas en quelques jours, ne pas hésiter à consulter son médecin ou son gynécologue.


Odeurs

Il faut différencier l’odeur corporelle normale contrôlée par la toilette de l’odeur nauséabonde de la vaginose bactérienne. C’est le déséquilibre de la flore vaginale, favorisé par une modification du pH vaginal qui provoque le développement d’une bactérie, le Gardnerella Vaginalis. La ménopause est une période plus vulnérable puisque la flore vaginale de défense disparait avec l’absence d’hormones. Pertes plus abondantes, brûlures, douleurs pendant les rapports sexuels sont fréquentes.
La vaginose n’est pas due à une mauvaise hygiène intime, mais une infection très récidivante. Le médecin propose un antibiotique pour supprimer le Gardnerella Vaginalis, des probiotiques et un traitement hormonal local pour favoriser la flore naturelle de défense vaginale.


Démangeaisons

Les démangeaisons, c’est le fléau de la zone intime féminine ! Il s’agit d’un motif de plainte fréquent invariablement étiqueté « mycose » par les patientes, avec auto-traitement parfois très inapproprié.
En fait, beaucoup de lésions démangent. L’application d’une crème inadaptée aggrave les symptômes, décape la peau et les muqueuses en détruisant le film hydrolipidique et les lactobacilles de défense de la vulve et du vagin, fragilisant ainsi la zone intime.
Le premier réflexe sera donc une toilette matin et soir avec un produit doux, adapté à la zone intime. On peut ensuite appliquer une crème contre les démangeaisons. Ces conseils simples suffisent parfois quand les démangeaisons ne sont dues qu’à une hygiène mal adaptée, ou une réaction à une agression de la vulve (un frottement, un traumatisme léger par exemple). Sinon, il faut contacter son médecin ou son gynécologue qui va mettre un nom sur l’agent responsable du prurit.